“a-A-a”
Sous l'
Arche morbide de nos derniers festins de chair, de grandes colombes aux becs gorgés de sang nous lancent un ultime
Adieu, secouent une dernière fois leurs immenses
Ailes déchirées.
Nous restons plantés là, nous
Affutons nos couteaux sans peur, la haine au coeur et l'égoïsme en
Abcisse de nos incessants délires.
A l'
Apogée de son impensable puissance,
Artémis nous comtemple de ses yeux de glace incandescente, nous regarde
Assouvir nos instincts de folie avec délectation.
Asile! Nous demandons Asile et même l'Eglise nous ferme ses portes; Dieu ne nous destine que ses rictus
Asymétriques. Alors nous nous saoulons à l'
Acide, et ne vous étonnez pas si nos corps sont gravés d'hiéroglyphes
Alphanumériques! Ce n'est que l'
Antichambre de notre paradis, l'
Avant-goût de notre chant du cygne.
[Ne rêvez plus; nous n'aurons pas l'Absolution. ]
Là, sur le bord des trottoirs reposent ces
Allumeuses éteintes; elles reposent leurs corps mille fois souillés par des visages
Anonymes; elle ne rêvent que d'
Abstinence pour leurs carcasses
Alourdies de remords, éreintées de leur incessante
Anorgasmie.
Satan n'est que l'exilé du royaume des cieux; saviez vous qu'il fut
Autrefois
Archange,
Ange parmi les
Anges, saviez vous qu'il avait une
Ame? Il mena la révolution. Et maintenant il ne sait que jeter ses mains crochues au ciel, pour punir Dieu d'avoir
Anéanti son
Ambition. Son royaume n'est qu'incessante
Abomination. Quels sont les fous qui ont osé dire qu'ils préféraient l'Enfer? Il ne restera que les vestiges de leurs corps
Atrophiés.
Un liquide
Ambré reflète l'image d'un corps pendu au ciel. Une corde autour de son cou étrangle ses paroles. Un cadavre
Avale l'odeur
Acre de cet
Alcool qui cause sa perte. Une femme sans visage retire son masque; et dessous il n'y a que sa peau rongée par les vers et l'
Amnésie.
Dans un fauteuil repose un homme. On ne voit de lui que ses petits yeux porcins perdus dans l'océan
Adipeux de son visage. Et son regard obscène contemple sans le voir un téléviseur qui ressasse images et paroles; une petite fille au dos brûlé par les bombes, un messe au nom de l'
Antéchrist où ont été sacrifiés des années de sagesse, les pires
Armes pointées sur les pires êtres. Et l'homme ne bouge pas, étrangement
Anésthésié par le verre d'
Abscinthe qui traîne à son côté, et dont le goût amer brûle ses grosses lèvres qui ne savent parler que de son énorme
Apétit de mort et d'horreur.
[Une enfant dans le miroir comtemple son corps Anorexique et se murmure à elle-même quelques insultes.
Elle enjambe la fenêtre.
Mainteant dans le miroir il n'y a plus rien. ]
De grandes
Amazones aux chapeaux rongés par le vent se dirigent vers un précipice, persuadées que leur
Amour-propre fera d'elles des oiseaux
Amphibies. Las! Elles se perdent dans le vide, torturées par l'
Alizée qu'elles chérissaient, éblouies par l'
Ampleur de leur gigantesque méprise.
Et le cycliste dopé aux
Amphétamines des Triplettes continue de pédaler, ses mollets gonflent de plus en plus, il tire derrière lui un long fil noir, le ruban des Parques. Pédale, pédale, boy. Le fil ne doit pas se rompre.
Adonis dérivant vers d'obscures contrées où l'attendent les trois s½urs maléfiques, le jeune homme pédale, serre entre ses cuisses son vélo dans une étreinte désespérée, incapables de nouvelles
Arabesques sur le chemin d'
Asphalte.
Un vieil homme dépérit dans une demeure
Ancienne envahie d'
Acariens, là où pour lui l'
Asphixie est la seule issue, et il meurt en solitaire, dans ce délire
Anodin qui nous atteint tous, il meurt sans ses airs d'
Aristocrate, il meut
Amputé de son insupportable orgueil. Même les vautours le regardent mourir pour mieux pouvoir se délecter de ses organes, et ses enfants cachés derrière les
Arcades attendent le coup fatal. Rapaces...
Ce n'est pas dans un autre monde que les familles s'entretuent dans un sombre espoir de vengeance... Ce n'est pas dans un autre monde que ce mafieux
Aphone cherche désespérément un
Antipoison pour échapper aux douceurs de l'
Arsenic... Ce n'est pas dans un autre monde qu'un instinct
Animal conduit ces sans-noms à s'entretuer sans raison, protégés par leur Dieu tout-puissant dans les
Arcanes de la haine... Ce n'est pas dans un autre monde que des
Artères explosent, que des
Ampoules s'éteignent, que des
Antilopes se vident de leur sang sur le sol de la prairie pour le seul plaisir de quelques turistas...Non, ce n'est pas dans un autre monde...
D'
Angéliques gamins jouent à la guerre avec des jouets trop grands pour eux. Dis, Maman, pourquoi les gens ne se relèvent pas? Mais le liquide vital agit sur eux comme un
Aphrodisiaque, et leurs petits corps
Anguleux enfoncés dans l'
Armure de l'enfance s'en vont les menottes aux poings, effrayés par l'
Aberration qui se déroule sous leurs yeux.
Fin de la partie II